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 L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS

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MessageSujet: L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS   Ven 22 Déc - 23:12

Des origines au XVe siècle


Ainsi que l'attestent des outils de
silex et autres vestiges découverts en différents lieux,
la région a été occupée par l'homme dans les
temps les plus reculés. Plus près de nous, jusqu'à
la conquête par les légionnaires de Jules César, les
Eduens au nord et les Ségusiaves au sud occupaient le territoire.
Ils cohabitaient vraisemblablement avec de petites " colonies " de Ligures
qui avaient fui leur pays d'origine. Certains pensent que les noms de villages
terminés en "as", Odenas, Arnas, Taponas, Juliénas, Chénas
seraient d'origine ligure.

















En 59 avant J.C., Orgétorix,
chef d'une tribu helvète traversait la Gaule d'est en ouest avec
l'accord tacite, semble-t-il, des Eduens. Mais, craignant d'être
attaqués par ces migrateurs, les Ségusiaves appelèrent
les Romains à leur secours. Ceux-ci intervinrent, une grande bataille
eut lieu à proximité de la Saône. Des objets recueillis
lors de fouilles et de dragages aux abords de gués témoignent
de la violence de ces affrontements. Jules César rétablit
la sécurité des convois de vins italiens jusqu'en Grande
Bretagne et acheva la conquête de la Gaule en 52. Les Romains créèrent
un réseau routier, pour acheminer les marchandises depuis les zones
de production jusqu'à la voie militaire tracée par Agrippa,
gendre d'Auguste, entre Lyon et Boulogne (notre actuelle RN6). Sur l'Arar
(la Saône), la navigation était importante depuis les entrepôts
de Lugdunum (Lyon).














Les villes, les routes et les petits vignobles
gallo-romains (celui de Vienne, celui des habitants d'Autun en pays beaunois)
furent détruits, du IVe au VIe siècle, par les grandes
invasions qui déferlèrent vers le Sud. Des évêques,
des moines et des princes (Charlemagne surtout), rétablirent un
peu d'ordre et plantèrent des vignes. En particulier, les "moines
blancs" de Cluny dans le Mâconnais et la vallée de l'Ardières.
Les abbés de Cluny apportent leur soutien aux sires de Beaujeu
dans leurs conflits avec leurs voisins, comtes de Mâcon, comtes
du Forez et archevêques de Lyon. Ces guerres et ces brigandages
quasi permanents freinèrent la viticulture alors que les villes
protégées de remparts s'affranchissaient des tutelles seigneuriales
: Beaujeu, Belleville, Anse et surtout Villefranche (1140).





Dans la longue dynastie (957 - 1400) des seigneurs de Beaujeu, quelques-uns
s'individualisent :









Béraud
ou Bérard, le premier dont le nom apparaît dans
les écrits ; c'était en 957. C'était un homme avisé
dont le château de Pierre Aiguë, bien assis au-dessus de
l'Ardières, dominait fièrement le pays de Beaujeu.





Guichard III
(1094-1137) qui acheva sa vie à Cluny après avoir fondé
l'église Saint Nicolas, consacrée en 1132 par le pape
Innocent II en personne, autour de laquelle la ville de Beaujeu s'est
construite.





Humbert III
(1137-1179) qui devint templier, participa à une croisade, fonda
Villefranche (vers 1140), l'abbaye de Belleville et son église
nécropole des Sires de Beaujeu. Mais il guerroya contre son fils,
Humbert IV, ce qui ravagea le pays beaujolais.





Guichard IV
que son mariage avec Sybille de Hainaut, belle-soeur de Philippe Auguste,
apparenta, lui et ses descendants, au roi de France. Guichard mourut
à Douvres en 1216 alors qu'aux côtés du prince Louis,
il combattait Jean sans Terre.





Humbert V,
son fils, était un homme de guerre. Pour son cousin Louis VIII,
il participa à la "croisade" des Albigeois en Languedoc, ce qui
lui valut d'être fait connétable. Il mourut en 1250, en
suivant Saint Louis en Egypte.





Guichard V
signa la première charte écrite de Villefranche (que les
édiles municipaux sont fiers de présenter encore aujourd'hui).
En 1265 il mourut sans enfant ayant désigné sa sœur Isabelle
pour lui succéder.





Isabelle
fut l'intermédiaire d'une rupture dans la lignée. Son
époux n'était autre que Renaud de Forez et à son
décès, sa veuve céda l'héritage à
son fils cadet Louis. Louis, lui-même époux d'Eléonore
de Savoie, réalisa sur son nom, la réunion de trois grandes
familles ! Mais il s'y ruina et le Beaujolais avec lui !





Guichard VI
succéda en 1295 à son père. Ses faits d'armes dans
les armées royales lui valurent d'être connu sous le nom
de Guichard le Grand.





Son fils Edouard
1er lui succéda en 1331. Il suivit les traces de son père
dans la carrière militaire en guerroyant aux côtés
de Philippe VI et en l'accompagnant en captivité après
le désastre de Crécy (1346). Soldats anglais et soudards
des Grandes Compagnies ravagèrent, une fois de plus, le Beaujolais.





Antoine
fut le compagnon d'armes de Du Guesclin et le suivit jusqu'en Espagne.
C'était un seigneur généreux, brillant, qui aimait
le luxe.




Dernier et bien "triste" sire de
Beaujeu, Edouard II, cousin d'Antoine,
lui succéda en 1374. Il héritait des lourdes dettes contractées
par ses prédécesseurs (le service du roi coûtait
cher). Par sa cruauté, il se rendit odieux à ses sujets
: ceux de Villefranche se révoltèrent. N'ayant pas d'héritier,
il fit don en 1400 de la totalité de ses biens au duc Louis de
Bourbon. C'est ainsi que s'acheva la saga des Sires de Beaujeu.
Du XVe siècle à nos jours






Au XVe siècle, le Beaujolais
échut, en 1456, à Pierre de Bourbon, fils cadet du duc Charles
1er, qui épousa, en 1473, Anne de France, fille de Louis XI (dont
son père disait qu'elle était " la moins folle femme de France
").

En 1488, sous le nom de Pierre II, il devint le 7e duc de Bourbon. A la
mort de Louis XI, en 1483, et pendant la minorité de son frère
Charles VIII, Anne de France devient régente. Elle gouverna le royaume
jusqu'en 1491, avec compétence, sans pour autant se désintéresser
du Beaujolais qui bénéficiait de sa générosité
et de celle de Pierre II.

Ils subventionnèrent l'hôpital, et firent réaliser,
entre autres, le grand portail de Notre-Dame des Marais à Villefranche.
La paix régnait enfin dans la région, elle permit de retrouver
une certaine prospérité, et contribua au développement
et à l'embellissement de Villefranche. En 1514, Anne de Beaujeu
accordait de nouvelles armes à cette ville, qui avait pris définitivement
la suprématie sur Beaujeu.

















Suzanne, fille de Pierre et Anne, épousa le connétable Charles
de Bourbon-Monpensier qui se couvrit de gloire à Marignan. Mais
avant de mourir, en 1527, il se rallia à Charles-Quint. Aussitôt,
François 1er confisqua tous ses biens et le Beaujolais fut totalement
intégré au royaume de France, désormais administré
par les grands officiers de l'Etat royal.

Le 4 mars 1790, conformément aux mesures décrétées
par l'Assemblée Nationale Constituante qui divisait la France en
83 départements, les anciennes provinces de Lyonnais, Forez et Beaujolais
formèrent le département de Rhône-et-Loire.

Suite à la rébellion de Lyon, le département de Rhône-et-Loire
fut scindé en deux en 1793, constituant les départements
du Rhône et de la Loire par décret du 29 brumaire de l'An
2.

Fédéraliste (girondin) en 1792-1793, républicain en
1848 et 1851, nourrissant des sympathies pour le socialisme en 1871 (Auguste
Vermorel, journaliste, fut un des chefs de la Commune de Paris), le Beaujolais
a souvent affiché son indépendance et son amour de la justice.

C'est un trait de caractère qui semble inscrit dans les gènes
des habitants du Beaujolais. Capables de discipline lorsqu'ils se l'imposent
eux-mêmes, ils sont toujours prêts à réagir aux
décisions imposées venues d'ailleurs, pour peu qu'elles leur
apparaissent obscures ou injustifiées.

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MessageSujet: suite   Ven 22 Déc - 23:26

Du XVe siècle à nos jours






Au XVe siècle, le Beaujolais
échut, en 1456, à Pierre de Bourbon, fils cadet du duc Charles
1er, qui épousa, en 1473, Anne de France, fille de Louis XI (dont
son père disait qu'elle était " la moins folle femme de France
").

En 1488, sous le nom de Pierre II, il devint le 7e duc de Bourbon. A la
mort de Louis XI, en 1483, et pendant la minorité de son frère
Charles VIII, Anne de France devient régente. Elle gouverna le royaume
jusqu'en 1491, avec compétence, sans pour autant se désintéresser
du Beaujolais qui bénéficiait de sa générosité
et de celle de Pierre II.

Ils subventionnèrent l'hôpital, et firent réaliser,
entre autres, le grand portail de Notre-Dame des Marais à Villefranche.
La paix régnait enfin dans la région, elle permit de retrouver
une certaine prospérité, et contribua au développement
et à l'embellissement de Villefranche. En 1514, Anne de Beaujeu
accordait de nouvelles armes à cette ville, qui avait pris définitivement
la suprématie sur Beaujeu.




Suzanne, fille de Pierre et Anne, épousa le connétable Charles
de Bourbon-Monpensier qui se couvrit de gloire à Marignan. Mais
avant de mourir, en 1527, il se rallia à Charles-Quint. Aussitôt,
François 1er confisqua tous ses biens et le Beaujolais fut totalement
intégré au royaume de France, désormais administré
par les grands officiers de l'Etat royal.

Le 4 mars 1790, conformément aux mesures décrétées
par l'Assemblée Nationale Constituante qui divisait la France en
83 départements, les anciennes provinces de Lyonnais, Forez et Beaujolais
formèrent le département de Rhône-et-Loire.

Suite à la rébellion de Lyon, le département de Rhône-et-Loire
fut scindé en deux en 1793, constituant les départements
du Rhône et de la Loire par décret du 29 brumaire de l'An
2.

Fédéraliste (girondin) en 1792-1793, républicain en
1848 et 1851, nourrissant des sympathies pour le socialisme en 1871 (Auguste
Vermorel, journaliste, fut un des chefs de la Commune de Paris), le Beaujolais
a souvent affiché son indépendance et son amour de la justice.

C'est un trait de caractère qui semble inscrit dans les gènes
des habitants du Beaujolais. Capables de discipline lorsqu'ils se l'imposent
eux-mêmes, ils sont toujours prêts à réagir aux
décisions imposées venues d'ailleurs, pour peu qu'elles leur
apparaissent obscures ou injustifiées.

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Dernière édition par Admin le Ven 22 Déc - 23:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS   Ven 22 Déc - 23:31

Personnages célèbres XVIe - XXe siècles


Des personnages
célèbres sont nés en Beaujolais, ou y ayant vécu,
ont laissé leur empreinte et des souvenirs qui font partie de la
culture beaujolaise



Guillaume
PARADIN

Il né en 1510, fut nommé chanoine de la collégiale
de Notre-Dame de Beaujeu en 1545. Il a écrit des pages d'histoire
beaujolaise



Pierre
LOUVET

Il séjourna de 1669 à 1672 à Villefranche tandis qu'il
était recteur au collège de Villefranche. On lui doit une
Histoire du Beaujolais dont une copie se trouve à la bibliothèque
de Lyon.


Claude
BROSSETTE

Erudit français, il est né à Theizé en 1671.
Ami de Boileau, il en publia les œuvres après sa mort. Il participa
à la fondation de l'Académie de Lyon en 1724.



François-Pierre-Suzanne BRAC de la PERRIERE (1725-1800)


Avocat au Parlement de Paris et échevin de Lyon, il était
issu d'une grande et vieille lignée beaujolaise. Il publia en 1767
un ouvrage sur le commerce des vins, souvent cité ; les idées
qu'il y exposait semblent encore très "actuelles"



Jean
Marie ROLAND de la PLATIERE

Lui, né à Thizy en 1734 et son épouse parisienne née
Jeanne-Marie Philipon en 1754 (Manon Roland), eurent une activité
politique importante. Ils périrent avec leurs amis girondins pendant
la Terreur de 1793

Gaspard
RICHE

Baron de Prony, il est né à Chamelet en 1755. Des études
brillantes à l'école des Ponts et Chaussées de Paris,
firent de lui un grand mathématicien, mais aussi un praticien de
grand mérite



Benoît
RACLET

Il est né à Roanne en 1780. Il épousa en 1808 Marthe
Chaumet dont le père possédait un important domaine viticole
à Romanèche. En 1815, le couple s'installa en Beaujolais.
C'est là qu'il découvrit le procédé de destruction
de la pyrale par échaudage hivernal des vignes

Claude
BERNARD

Il est né en 1813 à Saint-Julien-sous-Montmelas où
son père exploitait le domaine du Chevalier de Quincieux. Il fit
des études au collège de Thoissey, puis un apprentissage
chez le pharmacien Millet à Lyon, et enfin des études de
médecine à Paris. Tout au long de sa prestigieuse carrière
scientifique parisienne, il aimait revenir à Saint-Julien pour les
vendanges
Victor
PULLIAT

Il naquit en 1827 au domaine du Tempéré, à Chiroubles.
Très jeune, il s'intéressa à la botanique, et réunit
sur les coteaux du Tempéré une importante collection ampélographique
qui ne comptait pas moins de 1 200 sujets différents. Il créa
en 1869 la société régionale de viticulture de Lyon.
Il est l'auteur, avec Victor Mas, en 1878 d'un important traité
d'ampélographie, "le Vignoble", réédité en
1996. Il est un artisan résolu de la reconstitution du vignoble
phylloxéré avec les porte-greffes américains, œuvre
dans ce sens et mérite bien d'être qualifié de "sauveur
du vignoble français" et d'avoir son monument à Chiroubles



Victor
VERMOREL

C'est à Beauregard, dans l'Ain, que naquit Victor VERMOREL en 1848.
En 1853, son père, un artisan ingénieux et inventif, installa
son atelier de machinisme agricole à Villefranche. Dès son
adolescence, Victor fait preuve d'une curiosité inextinguible, d'un
esprit d'invention rarement en défaut et d'une grande ouverture
aux autres et au monde. Dans ses usines de Villefranche, il construit le
pal à injecter le sulfure de carbone, le pulvérisateur, les
charrues vigneronnes, les premières automobiles. Son domaine de
l'Eclair, à Liergues, est un laboratoire d'expérimentations
vitivinicoles. Il devient sénateur du Rhône et meurt en 1927


Les
frères VOISIN

Gabriel, né en 1880 à Belleville-sur-Saône et Charles,
né à Lyon en 1882, furent les premiers constructeurs d'avions
à l'échelle industrielle

Le
peintre Maurice UTRILLO

, né en 1884, résida avec sa mère Suzanne Valadon
et Utter son beau-père à Saint-Bernard, village proche de
la Saône, dans l'Ain. Il traversait souvent la rivière, tant
pour trouver l'inspiration dans les doux paysages beaujolais - il peignit
entre autre le moulin à vent - que pour user et parfois abuser,
de sa principale production.

Pierre
MONTET

Il est né à Villefranche en 1885. Eminent égyptologue,
il dirigea d'importantes fouilles à Byblos (1921-1924) et à
Tanis (1929-1951) où il découvrit une nécropole royale
inviolée de la XXI dynatie

Gabriel
CHEVALLIER

Romancier, né à Lyon en 1895, il publia en 1934 un roman
sur un village beaujolais qu'il baptisa Clochemerle, et dont on peut situer
l'action truculente et savoureuse à Vaux en Beaujolais

Antoine
de SAINT-EXUPERY et Pierre THEILLARD de CHARDIN

Ils furent élèves au collège de Mongré à
Villefranche.

Louis
BRECHARD

Il né en 1904 à Chamelet, viticulteur jusqu'à ses
dernières vendanges de 2000, maire de Chamelet, député
du Rhône de 1958 à 1962, fut un grand militant du syndicalisme
agricole, présida l'Union viticole du Beaujolais et défendit
avec ardeur les vignes et le vin beaujolais


Maurice
BAQUET

Il est né à Villefranche. Sa mère y tenait un commerce
de linge de maison. L'acteur musicien est resté très fidèle
à son Beaujolais natal et il n'est pas rare de le rencontrer lors
de manifestations locales.

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MessageSujet: Re: L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS   Ven 22 Déc - 23:34

Vignes et vins au fil des temps






Jusqu'au
XVIe siècle, une viticulture très minoritaire
















Entre le vignoble de Vienne (future Côte
Rôtie) et celui des habitants d'Autun (future Côte de Beaune),
il n'y avait pas de vignes dans le pays beaujolais à l'époque
gallo-romaine. Mais il s'y faisait déjà une importante consommation
de vin dans les postes militaires d'Asa Paulini (Anse) et de Ludna (Belleville)
: sur l'Arar (Saône) et sur la via Agrippa (actuelle N6), des convois
d'amphores puis de tonneaux transportaient vers l'Europe du Nord-Est les
vins de la Méditerranée romaine entreposés à
Lugdunum (Lyon) chez les negociatores vini (marchands de vin). Les dévastations
des grandes invasions aux IVe et Ve siècle ruinèrent ce
trafic.

C'est à l'Eglise qui revient dès le VIIe siècle l'initiative
de replanter ou de planter des vignes, car jusqu'au XIVe siècle,
la communion se donnera à tous les fidèles sous les deux
"espèces" du pain et du vin. Archevêques de Lyon, chanoines-comtes
des chapitres de Saint-Jean, Saint-Paul et Saint-Irénée,
et même quelques simples desservants de paroisses possèdent
des vignes aux portes de Lyon et jusque dans le pays d'Anse réputé
pour sa fertilité : "de Villefranche à Anse, la plus belle
lieu de France", est-il affirmé dès le XIIe siècle.
Plus au nord, dans l'actuel vignoble beaujolais, la vigne est rare car
la perpétuelle insécurité entretenue par les belliqueux
sires de Beaujeu n'incite pas à une culture pérenne ; en
ces temps de famines et de maladies (peste noire du XIVe siècle),
la priorité absolue est donnée aux "bleds", c'est-à-dire
surtout au seigle et à l'orge, céréales du pauvre.








Le
développement de la viticulture



A compter de la fin du XVe siècle, le Beaujolais est désormais
protégé de l'insécurité du brigandage comme
des ravages de la guerre. L'industrie textile s'y développe avec
les toiles de chanvre puis les étoffes de coton ; à Villefranche
même se multiplient teintureries et manufactures d'indiennes. Dans
les villages du Val d'Azergues, des métiers à tisser la soie
battent pour la fabrique lyonnaise.















C'est la bourgeoisie lyonnaise enrichie par la soierie et la banque qui
développe la viticulture. Les nouveaux propriétaires, qui
souvent résident dans leurs châteaux (Le Sou, Montmelas, La
Flachère, Bagnols, Jarnioux, La Rigaudière, Corcelles, La
Roche, Le Thil, Pizay et bien d'autres) instaurent une forme originale,
intelligente et durable d'exploitation du sol, le bail à mi-fruit
ou vigneronnage. Deux à trois hectares de vignes, un logement, une
étable pour deux vaches et du matériel viticole sont mis
à la disposition du vigneron par un bail écrit passé
devant notaire ; le vigneron, obligatoirement marié, s'engage à
"cultiver le bien en bon père de famille" en apportant aux vignes
tous les soins nécessaires et en assurant les dépenses de
la vendange ; le vin sera partagé par moitié "à l'anche
de la cuve et au bec du pressoir". Une redevance supplémentaire
en argent compensera les profits autres que viticoles ("basse-cour") qu'il
pourra retirer de l'exploitation. En 1789, le vigneronnage dépeint
par les contemporains comme une "parfaite association du capital et du
travail", couvrait la moitié du vignoble beaujolais. Assoupli et
amélioré par le statut de 1946, il conserve aujourd'hui une
importance équivalente, alors qu'il a totalement disparu des autres
régions viticoles françaises.

















Certes il encourageait la routine et, en fractionnant
la production, il était un obstacle aux initiatives commerciales.
Le vin beaujolais se vendait ou s'échangeait dans les campagnes
proches du Charolais, de la Bresse ou de la Dombes. Mais, à partir
du XVIIe siècle, avec la diffusion progressive du cépage
de gamay rouge à jus blanc, expulsé de Bourgogne dès
1395 par le duc Philippe-Le-Hardi, qui remplace la médiocre persagne
(mondeuse) - "Si tu veux de bon vin, plante pas de persaille !" -, le
vin beaujolais commence à rivaliser avec les meilleurs crus de
l'Ouest lyonnais (Millery, Saint-Genis-Laval, Ecully, Couzon au Mont d'Or).
Malgré les péages et les droits d'octroi élevés
(50 % environ), il se vend à Lyon. Il atteint Paris à la
fin du XVIIe siècle, malgré le coût du transport et
la cherté de l'octroi parisien (80 à 100 % selon les époques).

















Entre 1760 et 1770, François Brac de la Perrière père
et fils, propriétaires à Saint-Lager, fondent même
une "Association des propriétaires du Haut-Beaujolais" pour la
vente directe à Paris. Si le succès n'est pas au rendez-vous,
le vignoble et le vin beaujolais existent bel et bien.

En 1789, les Cahiers de Doléances des paroisses beaujolaises expriment
avec vigueur les mécontentements des viticulteurs et leurs aspirations
à une plus grande liberté de la production et du commerce.






Le
grand essor du XIXe siècle



Il s'inscrit dans les chiffres, puisque nous disposons désormais
- grâce aux administrations fiscales et agricoles - de bonnes séries
statistiques. Dans les limites actuelles de l'appellation contrôlée,
les superficies et les productions moyennes évoluent comme suit :












Vers 1820 (cadastre)
16 500 hectares
300 000 hectolitres



1852 ( enquête agricole)
19 500 hectares
400 000 hectolitres



1876 (statistique agricole)
24 000 hectares
600 000 hectolitres



1892 (enquête agricole)
18 500 hectares
400 000 hectolitres



1914 (statistique agricole)
30 000 hectares
1 200 000 hectolitres







L'essor n'est pas continu. Il s'accélère dans les années
fastes :






1805 - 1825, avec la stimulation par la forte
demande de Lyon où l'activité industrielle est ressuscitée
par Napoléon 1er ;



1855-1875, avec l'ouverture de la liaison ferroviaire
du PLM, la hausse des prix du vin et les progrès techniques (nouveaux
cépages de Gamay, fumure des vignes, meilleure vinification)
;



1892-1900, avec l'achèvement de la reconstitution
en plants greffés et une hausse des rendements.




Il est freiné dans les années de crise :






Les ravages de la pyrale de 1825 à 1842,
avant la généralisation du procédé d'échaudage
inventé par Benoît Raclet ;



La maladie de l'oïdium entre 1849 et 1855
et la diffusion du soufrage préventif des vignes ;



Et, surtout, la longue crise du phylloxéra
ouverte en 1876, marquée par le renoncement de certains, la résistance
acharnée du plus grand nombre (traitement curatif au sulfure
de carbone) et l'audacieuse reconstitution à l'aide des plants
américains, initiée dès 1881 par Victor Pulliat,
enfant de Chiroubles, et généralisée par les syndicats
communaux et l'Union Beaujolaise (puis du Sud-Est), fondée en
1888 par Emile Duport, propriétaire à Saint-Lager (Briante).





C'est donc un vignoble nouveau qui est en place à la veille de 1914
: les vignes ne sont plus en foule (provignage) mais en rangs (plantation),
la mécanisation et même la motorisation du travail viticole
sont désormais possibles grâce aux inventions de Victor Vermorel,
l'industriel de Villefranche.

Entre 1900 et 1908, le Beaujolais souffre beaucoup moins de la mévente
et de l'effondrement des prix que les vignobles de Provence ou du Languedoc.
Il a opté pour le maintien du gamay et des rendements raisonnables.
Le vin, de bonne qualité, est considéré comme un "vin
de Bourgogne". Acheminé dans les wagons-foudres du PLM, il se vend
dans la France entière et sur les marchés étrangers
de la Suisse, de la Belgique et de l'Allemagne.





Au
XXe siècle, l'appellation contrôlée et la vente en
primeur



Comme dans les autres vignobles, la première guerre mondiale apporte
au Beaujolais son lot de malheurs : des milliers de morts, une détérioration
des vignes privées de bras, de chevaux et surtout de sulfate de
cuivre (ravages du mildiou de 1915 à 1918).



Les années 1920-1930 sont prospères. L'enquête agricole
de 1929 enregistre une stabilité des surfaces après le fort
recul de 1914-1918 : 20 000 hectares. La compensation se fait par les
rendements qui atteignent désormais souvent 50 hl à l'hectare.
Le million d'hectolitres produit trouve assez facilement preneur sur un
marché très diversifié. C'est à cette époque
que le beaujolais devient vraiment "le 3e fleuve de Lyon" - ou le quatrième,
si on prend en compte aussi les larmes des fabricants de soie sur le marasme
de leurs affaires !



Mais la mévente frappe à nouveau après 1930. Elle
suscite une première parade intelligente, la fondation de caves
coopératives sur le modèle de celles du Languedoc antérieures
à 1914 : Saint-Jean d'Ardières (1929), Liergues (1929), Chiroubles
(1929), Quincié (1929), Fleurie (1931), Gleizé (1932) et
Chénas (1934).



Malgré tout, le marché se rétrécit en 1934
avec la baisse du pouvoir d'achat des citadins. Les superficies en vignes
reculent fortement : 15 000 hectares en 1939 et 12 000 en 1945 dont beaucoup
sont à l'abandon. L'entrée des communes beaujolaises dans
l'élite des appellations d'origine contrôlée après
le décret-loi du 30 juillet 1935 ne fera sentir ses effets bénéfiques
qu'après 1947.



Ce millésime qui vit naître "un grand vin dans un été
torride" (Colette, qui vendangeait chez Claude et Yvonne Geoffray sur la
Côte de Brouilly), marque un nouveau départ pour le vignoble
et le vin beaujolais. Trois zones sont délimitées dans l'ensemble
de l'AOC : le "Beaujolais" au sud, le "Beaujolais-villages" au centre et
sur le pourtour des crus, les 9 crus au nord (Brouilly, Côte de Brouilly,
Morgon, Fleurie, Chiroubles, Chénas, Juliénas, Moulin à
Vent et Saint-Amour) qui deviendront 10 en 1988 avec la promotion du Régnié.



Pour chaque zone, les rendements et certaines réglementations diffèrent.
Mais partout continuent à s'imposer ce qui a fait et fait encore
la spécificité du beaujolais : un cépage unique, une
maîtrise des rendements, des vendanges manuelles et une vinification
par macération carbonique.

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MessageSujet: Re: L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS   Ven 22 Déc - 23:34

Et pour les beaujolais et les beaujolais-villages, une grande nouveauté
mais qui ne faisait qu'officialiser la pratique ancienne de livrer très
tôt aux acheteurs lyonnais un vin nouveau bon à boire : en
1951, un décret avance au 15 novembre la date du déblocage
des vins nouveaux et ils sont aussitôt annoncés et servis
sur les comptoirs lyonnais. L'Union Interprofessionnelle des Vins du Beaujolais
et ses dévoués ambassadeurs, les Compagnons du Beaujolais,
multiplient les actions de promotion de ce "petit Jésus en culotte
de velours" ; le millésime 1975 est servi à l'Assemblée
Nationale (hôtel de Lassay), par son Président Edgar Faure,
Gérard Ducray, député du Beaujolais et secrétaire
d'état au tourisme, le parrain Georges Brassens et la marraine Mireille
Mathieu. Le "Beaujolais nouveau" fait désormais fureur à
Paris. Il lui reste à conquérir le monde entier, ce qui s'accomplit
par la voie aérienne après 1985. Aujourd'hui, le tiers de
la production beaujolaise des 23 000 hectares de vigne, environ 400 000
hectolitres, s'écoule en "beaujolais nouveau" et "beaujolais-villages
nouveau", en se partageant par moitié entre le marché national
et l'exportation. D'autres vignobles (Côtes du Rhône, Muscadet,
Touraine, Gaillac) n'ont pas hésité à suivre l'exemple
beaujolais.



A l'aube du troisième millénaire, l'avenir des vignes et
des vins beaujolais est résolument rose, comme les reflets du vin
lui-même dans une tassée vigneronne.

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MessageSujet: Re: L'HISTORIQUE DU BEAUJOLAIS   Ven 22 Déc - 23:38


A boire et à débattre en terre beaujolaise !





21/11/2006

La cuvée 2006 du Beaujolais nouveau arrive avec autant de promesses que
de critiques et bouderies diverses et habituelles. C’est pourtant un
millésime rare, fruité. On dit de celui-ci qu’il est très Gamay, avec
une belle rondeur, un côté aromatique et fruité, intéressant et une
élégance naturelle. C’est, paradoxalement, un vin vraiment nouveau
comme on aime à le répéter dans la presse locale. Pourtant, un certain
nombre d’articles met aussi le doigt sur les difficultés économiques
que le Beaujolais et sa région rencontrent. Crise passagère ou crise
qui dure, force est de constater qu’il est difficile d’apporter une
réponse juste et durable dans un domaine économique instable. Le
Beaujolais nouveau est toutefois devenu une institution autant en
France qu’à l’étranger.






L'essentiel
pour comprendre :









De nouveaux marchés : Une internationale Beaujolaise : De la Chine et du Japon


Les deux marchés actuels et emblématiques
sont ceux de la Chine et du Japon, ce dernier plus ancien mais toujours
prometteur. C’est devenu une tradition de fêter le « Beaujolais
nouveau » au Japon. Cet événement est très apprécié des japonais qui
souvent goûtent le Beaujolais nouveau avant les habitants de France du
fait du décalage horaire.


La Chine


Le député reçoit la Chine, in Le Progrès , du 14 novembre 2006.


"Bernard Perrut a obtenu de pouvoir
accueillir à l’Assemblée nationale le 21 novembre prochain, la
délégation officielle de la République de Chine conduite par Shi
Guangsberg « dont l’action en tant que ministre du commerce extérieur a
été déterminante pour le développement des relations entre nos deux
pays et l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du
commerce », explique le député. « Après avoir favorisé, les années
passées, les relations avec le Japon et accueilli à deux reprises
l’Ambassadeur en Beaujolais, j’ai rencontré, il y a quelques mois, à
Paris, l’Ambassadeur de Chine, et estime important de travailler ce
marché émergent (plus 70 % de Beaujolais nouveau en 2005) dans ce pays
le plus peuplé de la planète »..."


Le Beaujolais nouveau à la conquête du marché chinois ! , site Aujourd’hui la Chine.


"Il est arrivé. Le Beaujolais a été célébré
hier un peu partout dans la capitale. Une fête, mais surtout un enjeu
économique énorme pour les professionnels du vin primeur, dont les
ventes se tassent en Europe et aux Etats-Unis..."


Le Japon


Le Japon est un grand importateur de
beaujolais nouveau, chaque année, la quantité de vin acheté augmente.
L’an passé, 700 000 caisses ont été vendues, cette année, on prévoit
850 000 caisses.


Le Beaujolais Nouveau est arrivé ... au Japon !, Gros plan sur le beaujolais nouveau, dossier sur le site de France 3


"Le Beaujolais est devenu un véritable
phénomène de société au Japon. Le pays est aujourd’hui le premier
importateur de Beaujolais, toutes catégories confondues. Affaire des
restaurateurs il y a dix ans, le Beaujolais nouveau est désormais vendu
surtout en grandes et moyennes surfaces, pour une consommation à
domicile en famille. En 2005, les Japonais ont bu plus de 11,5 millions
de bouteilles de ce primeur. Mais si le pays du Soleil Levant demeure
encore le plus gros importateur de Beaujolais nouveau, devant
l’Allemagne et les Etats-Unis, la Chine constitue aujourd’hui un
véritable marché d’avenir..."

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